J'ai fait la connaissance ce week end de Marzi.
Marzi, un joli prénom de petite fille, qui fait penser au marzipan (en français: massepain).
Marzi: prononcez "magie".
Et avec Marzi, les idées ont du génie!
Marzi c'est l'héroïne d'une BD, et c'est aussi l'auteure de cette BD. Celle qui raconte l'histoire, la Polonaise, parce que celui qui dessine, c'est Sylvain, le Français. Elle Sowa, lui Savoia.
Comme quoi, les différences entre pays ne sont pas si importantes que ça !
Marzi raconte son enfance puis sa jeunesse dans la Pologne communiste. Elle est née en 1979.
On pourrait retenir de ces courtes histoires uniquement le côté "oh, la vie était dure, le communisme quelle saleté quand même, ces gens vivaient une drôle de vie" etc etc. On pourrait croire que
le récit sera misérabiliste et un peu déprimant, les files d'attente, la pénurie, le froid (rien à voir avec le communisme mais ...). En fait pas du tout, c'est assez drôle et très mignon, en
tout cas pour ce qui est des histoires de petite fille qu'elle raconte, car je n'ai pas encore tout lu!
Elle raconte son enfance et on voit des grands évènements qui ont marqué la vie des Polonais à l'époque: l'état de guerre déclaré en 1981, la catastrophe de
Tchernobyl, la visite du pape en Pologne… Mais aussi les traditions de Noel, les week end à la campagne, dans la famille ou moins loin, dans le petit jardin des parents, les misères que les
gosses de l'immeuble font aux voisins, le papa qui doit se remettre d'une hépatite au sanatorium et la petite Marzi qui compte les jours et se tient très sage pour une fois en attendant son papa,
et toutes sortes de choses très rigolotes.
J’ai bien ri, beaucoup souri et j’ai hâte de lire la suite !
La difficulté du quotidien vu par les yeux d’un enfant, la confrontation de ces deux
univers (la nourriture est rationnée mais pourtant marzi n’aime pas trop manger, à part les sucreries !) raconté à travers l’imagerie de la BD m’a rappelé une autre BD…
Une BD bien moins rigolote, bien moins légère et pourtant….
Bien sûr je n’ai pas découvert Satrapi toute seule, il y a eu toute cette agitation médiatique autour, la sortie du film, le documentaire sur la réalisation du film (encore mieux que le film d’ailleurs !), les cérémonies etc. Attention, je ne critique pas, moi je suis tout à fait d’accord pour ces hommages à mon avis bien mérités (peut être parce que j’ai vu le documentaire et que je me rends compte du travail et de l’histoire). Et puis ça donne un peu de lustre à l’image flétrie de la France patrie des droits de l’homme. Ce n’est pas à négliger actuellement.
Par la même occasion, je souhaite saluer une autre œuvre de Marjane Satrapi, qui m’a ému encore plus que plus, et qui est Poulet aux Prunes – et puis il y a
aussi Broderies, qui est fabuleux.
Toujours est-il que ça a été très agréable de retrouver cette sensation de plaisir que j’avais eu en découvrant Persepolis.
Je suis un peu fatiguée ce soir, mais bon, j’avais envie de parler de ces deux petits moments de plaisir littéraire, en image pour une fois.
Sur ce, bonsoir, allons profiter de la douce liberté de cette somnolente démocratie qui est la notre, et que l’on déconsidère trop souvent. Peut-être que le jour où
nos enfants ne connaîtront pas le goût du chocolat à cause des restrictions du régime, nous nous apercevrons que nous aurions dû nous battre un peu plus pour sauvegarder nos libertés chéries, au
lieu de conspuer le système. Et nous écrirons nous aussi une page de BD en espérant qu’un jour nous pourrons regarder tout ça de loin.

