Partager l'article ! Variations printannières: Je reprends un peu le fil depuis mon dernier billet. Il y a eu Cadavres Exquis, de Pénélo ...
DES LIVRES ET DELICES 
Le Voleur de Corps, Anne Rice
Un Homme, Un Cri, Marek Halter
Lost in a good book,, Jasper Fforde
Life is so Good, George Dawson, RIchard Glaubman
- Chacun est digne d'un parapluie.
- Vous définissez d'un coup le minimum des droits humains.
Dostoievski
Je reprends un peu le fil depuis mon dernier billet.
Il y a eu Cadavres Exquis, de Pénélope Bagieu. Ne lui ai je pas déjà consacré un petit billet dans cette toile ? Si je ne l’ai point fait c’est par manque de temps plus que par méchanceté car j’adore son univers (pour paraphraser les chroniqueurs professionnels et leur vocabulaire moult fois usité). Donc j’ai acheté Cadavres Exquis, mon livre neuf du moment, et j’ai adoré cette BD. J’ai préféré le début et la fin au milieu, mais enfin, ça se lit bien, les dessins sont toujours aussi sympas et le point de vue ma foi très réaliste : malgré l’apparente différence qu’il y a entre l’(anti-)héroïne du début et moi, je me suis toute à fait reconnue, et en voyant l’image ci-dessous vous comprendrez pourquoi.
Il y a eu aussi, et je vous en parlais déjà la fois précédente, Marek Halter. J’ai re-découvert ou plutôt découvert l’homme au-delà de l’auteur. Un homme, un cri n’est pas une biographie. C’est un recueil des multiples articles dont l’auteur a jalonné sa vie comme autant de cris, cris qui raisonnent encore aujourd’hui des années après, dans un silence plus assourdissant que jamais.
Beaucoup de répétitions dans ces échos de cris, enchâssés dans des explications contextuelles qui en rajoutent encore parfois dans la redondance. Mais bien que ces répétitions m’aient un peu fatiguées, après l’engouement du début de ma lecture, je reste abasourdie par la vie de cet homme, toujours debout, qui peut être a cessé d’appeler à la paix, à l’humanité à tort et à cri, mais qui est un exemple rare, vivant, que l’on voudrait éternel, de ce qu’une époque appelait les intellectuels. Une race dont cet homme est pour moi le seul specimen vivant et digne d’intérêt.
Vibrant de l’émotion provoqué par ma lecture, j’ai croisé une affiche dans la grouille du métro. « Marek Halter à la FNAC St Lazare le 31 mai à 18H » Dans ma hâte, j’ai d’ailleurs confondu les dates et me suis pointé une semaine trop tôt, essoufflée, dans la petite salle de la FNAC. Cela m’aura au moins permis de reconnaître le terrain. La semaine suivante j’ai vu M. Halter. Ou plutôt j’ai tenté de l’apercevoir car je suis arrivée en retard et il était caché par les volumineuses coiffures de son public malheureusement féminin et du 3° âge. En lui tendant un peu penaude mon exemplaire (acheté chez Gibert) d’Un homme un Cri pour la dédicace, je n’ai pu que m’excuser de n’avoir pas eu le temps d’acheter son nouveau livre.
Je dois mentionner ici que je suis une spécialiste de rencontres ratées de ce genre je pense. L’écrivain comme l’homme ont un pouvoir trop fort pour moi et mes paroles me semblent vaines, surtout quand la file des fans s’allonge derrière moi. Comment dire « merci » et comment dire « votre vie est fascinante » et « d’où vous est venue cette force et cette espérance ? ». Pour une personne comme moi être devant un homme qui a connu le ghetto de Varsovie, a fui en Ukraine, a serré la main de Staline, a conversé avec Jean-Paul 2 et De Gaulle, a connu et agi dans tout ce qui a fait le monde actif, créatif, plein de luttes et de combats, ce monde qui a échoué depuis pour ma génération, et bien c’est comme être en face d’une aberration admirable, d’un dinosaure, un pan de l’histoire. C’est peut être inconcevable tout simplement. Mais j’adore avoir eu cette possibilité de rencontrer l’homme, en chair et en os. Me reste de ce moment de curiosité une dédicace sur la page de titre, et puis bien sûr j’ai acheté son nouveau roman, le Kabbaliste de Prague. Qui je pense ne va pas me décevoir.