Partager l'article ! Beignets de tomates vertes : KFC végétarien?: Vous connaissez peut-être le film de 1991 qui réunit Jessica Tandy ...
DES LIVRES ET DELICES 
Le Voleur de Corps, Anne Rice
Un Homme, Un Cri, Marek Halter
Lost in a good book,, Jasper Fforde
Life is so Good, George Dawson, RIchard Glaubman
- Chacun est digne d'un parapluie.
- Vous définissez d'un coup le minimum des droits humains.
Dostoievski
Vous connaissez peut-être le film de 1991 qui réunit Jessica Tandy , Mary Stuart Masterson, Kathy Bates et Mary-Louise Parker (que vous ne connaissez sans doute pas par contre !). Je ne connaissais le film que de nom pourtant je n’ai pas hésité lorsque mon regard a croisé le livre du même nom. J'ai eu raison. Je suis tombée sous le charme.
Quel plaisir. Quelle communion ! Sans avoir vu le film, je SAIS que le livre est mille fois mieux ! Mais je suis consciente que je dois modérer mon enthousiasme.
De quoi parle t on ici ?
Il s’agit d’une double histoire. Celle d’Evelyn, au présent, et celle de Ninny, au passé. Evelyn Couch est une femme américaine dans toute sa splendeur moderne : proche de la cinquantaine, grosse et grasse, éternelle grignoteuse de cochonneries sucrées, chocolatées et enrobées de beurre de cacahuète si possible. Molle, flasque, de corps et d’esprit. Rancie par sa vie vide de sens, par ce monde qu’elle ne comprend pas, elle qui a toujours voulu faire comme on lui disait sans jamais élever le ton. Si j’osais, je la traiterai de « couch potatoe ». Mais je n’oserai pas ce vain jeu de mot, promis.
A son corps défendant, Evelyn se retrouve régulièrement dans la salle commune de la maison de retraite où elle se rend avec son mari visiter sa belle-mère. Et dans cette salle commune elle rencontre, sans grand entrain, Ninny, une veille femme pleine de vitalité, d’esprit et de joie de vivre. Son contraire. La vielle femme a simplement besoin d’une oreille, et au fil des visites, Evelyn va découvrir son histoire, l’histoire du café de Whistle Stop et de la famille Threadgoode. Elle va se mettre à les aimer, et par là même, elle va redécouvrir sa vie, dépasser ses échecs et ses déceptions, laisser de côté sa colère et se retrouver.
Dans les années 30, la famille Threadgoode est une famille nombreuse mais son élément central est Idgie, le garçon manqué, la belle sœur de Ninny. Ce qui m’a le plus frappé dans l’histoire d’Idgie, c’est la façon dont est abordé son caractère. Lorsqu’on la voit tomber amoureuse de Ruth, une douce jeune fille ravissante, cela semble naturel à tout le monde. Et le récit présente cet amour si simple, si tendre et en même temps si inconventionnel d’une façon parfaitement inattendue et en même temps tout à fait normale. Idgie et Ruth vont créer le Wistle Stop Café, qui sera un lieu central de ce petit village durant plusieurs années. Le Whistle Stop Café est réputé pour les délicieux beignets de tomates vertes confectionnés par la cuisinière de couleur. Voici donc le pourquoi du comment. La chronique de ces années heureuses est jalonnée de moments simples, de bonheurs, de malheurs, bref, c’est une vie ordinaire, marquée d’événements forts, et d’une grande solidarité.
Deux époques se croisent, celle des années 80, l’époque de la narration, et celle des années 30, l’époque du récit de Ninny. Malgré la crise, la famine post-1929, le racisme ambiant, les conventions sociales, c’est un portrait plein de gaité, de solidarité, d’amour, que dresse la vieille femme. Malgré le confort moderne et la liberté des valeurs actuelles, le désarroi et la colère hantent Evelyn. On se prend à penser que les valeurs de cette époque étaient peut-être meilleures que celles d’aujourd’hui. Fannie Flagg, l’auteur, jongle sans effort avec ces deux époques, ces deux impressions, la tendresse nostalgique qui teinte le récit de Ninny, la violence individualiste qui agresse Evelyn au quotidien.
La violence a sa place dans ce récit nostalgique comme dans la vie, mais la place qui lui est accordé est loin de la description complaisante que l’on trouve à l’heure actuelle, il s’agit seulement d’évènements. Et on les vit comme tels, on les accepte ou l’on se révolte contre eux.
Une bien belle histoire donc, qui donne le sourire et l’envie de vivre pleinement dans la joie, la bonne humeur, et la cuisine simple mais goûteuse du sud des Etats Unis !
Petite anecdote pour finir ce billet : la lecture du livre a coïncidé avec la découverte de mon allergie à … La tomate ! Fascinant non ?