Partager l'article ! Au bonheur des dames (non je ne parlerai pas de Zola): Qu'est ce qui fait mon bonheur? A vrai dire j'ai compris comment faire soudre ma joie lors ...
DES LIVRES ET DELICES 
Le Voleur de Corps, Anne Rice
Un Homme, Un Cri, Marek Halter
Lost in a good book,, Jasper Fforde
Life is so Good, George Dawson, RIchard Glaubman
- Chacun est digne d'un parapluie.
- Vous définissez d'un coup le minimum des droits humains.
Dostoievski
Qu'est ce qui fait mon bonheur? A vrai dire j'ai compris comment faire soudre ma joie lorsque je me suis rendue il y a quinze jours et pour la première fois à la Librairie Gibert Joseph de Saint Michel à Paris. Et oui, mon niveau de vie actuel étant ce qu'il est, je dois restreindre mon budget et donc, si je veux pouvoir lire, il est temps que je songe aux livres de seconde main!
Me voici dans ce temple dont je perce vite les secrets: les livres d'occasion sont ceux signalés par une étiquette jaune sur la tranche. Première déception: au rayon BD, les prix restent élevés. Trop pour moi, d'autant que je ne me souviens jamais quelles sont celles que j'ai déjà achetées, notamment pour Sillage, dont j'ai lu la quasi intégralité au fur et à mesure de mes passages au Virgin de l'aéroport d'Orly en attendant un Paris Marseille. Cela ne m'a pas empêchée de craquer pour la R.A.B Tome 1, bien que j'en connaisse chaque vignette par coeur. La bible de l'humour de Gotlieb, un vrai régal que je déguste depuis soir par soir, page après page, un grand soleil éteincellant en moi face à ce déferlement d'humour raffiné. Mais passons. Désillusion également au niveau des ouvrages d'arts. Bien plus chers encore que les BD (évidemment), les seuls prix et bouquins intéressants sont les livres Taschen à prix spécial 9,99€. Neufs. Et lourds. Après avoir multiplié mon temps de trajet par sa pénibilité (somme de marche à pied + escalators + rer + bus + marche à pied) au résultat duquel j'ai ajouté le coefficient multiplicateur de (Racine carrée de la hauteur de mes talons / nombre de pieds), j'ai considéré qu'il était mal venu de s'encombrer d'une livre de Dali. Notons en marge que ce calcul, s'il montre que l'on peut à la fois maîtriser l'écriture et les mathématiques, ce calcul donc est hautement subjectif comme le montrera la suite de ce récit.
En effet, comme toute quête, la quête de mon bonheur littéraire était semée d'embûches à dépasser. Au fur et à mesure que j'explorai les quatre étages de ce palais, en me demandant si je ne devrai pas céder à ma passion des bouquins et ouvrir une librairie, le bonheur se rapprochait. Après m'être emparée de la Rubrique à Brac au rayon BD, j'ai grimpé d'un niveau. Grimpé au sens métaphorique puisque j'ai utilisé l'escalator de service. Là, j'ai été tout de suite ébouie par un exemplaire de "Le pays du Dauphin Vert" dont la couverture de livre neuf tentait de me charmer. Mais je ne suis pas naïve, fi de tout cela, je suis venue chercher des occasions, pas des livres neufs que je connais par coeur, malgré tout le bonheur que je sais pouvoir tirer de leur lecture (encore un calcul hautement subjectif qui sera démonté par la suite).
Je grimpe finalement au quatrième et dernier étage. Pas d'escalator ici. Il faut le mériter. C'est le rayon poche. Les choses sérieuses, enfin. La tête me tourne, mon esprit s'embrouille, il me faut quelques un de ces livres, oui mais lesquels?. Et pas à tout prix bien sûr, pour reprendre le slogan "radin malin"!. Je me concentre sur les étiquettes jaunes. Et comme à mon habitude, sur les auteurs que je connais. Tiens, il y a plein d'Anna Gavalda, sont-ce des neufs ou des occasions en surnombre ? Je ne perds pas mon temps à m'interroger sur cette littérature de bas niveau et me précipite dans un éclair de lucidité soudain, vers la Grande Littérature. Anne Rice bien sûr ! Oui je sais, c'est peut être du même niveau littéraire qu'Anna Gavalda. Mais en terme d'intrigue, pardon, mais c'est du haut niveau ! Bref, la Reine des Damnés est disponible en occasion, ça tombe bien, c'est justement celui que je voulais relire! Le lien maléfique, quézaco? 4€, je prends!
Pour rehausser le niveau intellectuel, je cède à la curiosité de la découverte et choisi un recueil de Lovecraft, dont je connais la notoriété mais pas le travail.
Bien sûr Marek Halter jette dans mon panier Le Messie, et Un Homme, Un Cri, deux livres que je ne crois pas avoir lu mais qui, fidèles aux trames propres à Marek Halter, sauront
me plaire et me surprendre sans nouveauté.
Je décide d'acheter mes premiers Boris Vian à moi, malheureusement, l'Automne à Pékin n'est pas proposé. Je prends Elles se rendent pas compte et J'irai cracher sur vos tombes, deux Vernon Sullivan qui m'avaient profondément marqués. Je reste d'ailleurs choquée quand j'imagine Boris Vian écrire ces choses. C'est comme d'imaginer un homme policé d'apparence comme Magritte faire preuve d'autant de fantaisie dans ses tableaux. Cette génération restera toujours un mystère pour moi. Pas besoin de porter un TShirt à fleur pour être révolutionnaire! Mais passons.
Je me love voluptueusement dans l'impression que toute la littérature du monde et à portée de ma main. Enfin peut-être pas jusque là. Je prends un Kundera, l'Ignorance. Malheureusement les titres de Kundera se ressemblent souvent ce qui rend le choix difficile, mais je crois bien que c'est le plus emblématique. J'en avais lu un, était-ce celui là? Et j'en avais retiré quelques phrases marquantes. Nous verrons si la magie opère toujours!
Et puis, toujours dans un soucis d'allier déjà-lus et découvertes, je prends Un autre monde de Joseph Stiglitz, dont le nom me parle, non en tant qu'écrivain, mais en tant que vague économiste égonomiste.
Chargée de ces ouvrages et sentant leur poids réconfortant dans mes bras, je suis redescendue sur terre (4 étages d'escaliers cette fois, le piège à fonctionné, plus besoin de la séduction des escalators), je passe à la caisse, oups, je prends le RER, vérifiant du même coup la justesse de mes calculs d'estimation précités.
Ma première victime: La Reine des Damnés. Je viens de le terminer. C'est fou comme on peut oublier un livre. Il faut dire que je l'ai lu il y a douze ans maintenant. Je m'en souvenai pas trop mal au début, mais j'en avais à ce point oublié la fin que je me suis demandée si je l'avais lu jusqu'au bout. Quand je vois un tel scénario, une telle imagination passionnée, je me dis que si cette femme avait sorti son livre avec les méthodes d'écriture américaine 20 ans plus tard, à l'époque des Harry Potter, Da Vinci Code et autre ouvrages du même genre littérature massive qui s'avale en un clignement de paupières, si elle était tombée aujourd'hui donc, elle aurait pu faire un carton. Mais le style (ou la traduction de l'époque), est définitivement mauvais au point d'en être dérangeant. Heureusement l'histoire me plaisait et j'avais un a priori positif dès le départ. Mais j'ai froncé des sourcils sous l'effort de lecture du début à la fin !
Finalement, avec le recul, je sais que le fait pour moi d'ouvrir une librairie serait comme pour un alcolique d'ouvrir son bar: comme l'alcolique boirait son commerce, je lirai ma boutique !