Lecture du moment

Le Voleur de Corps, Anne Rice

Un Homme, Un Cri, Marek Halter

Lost in a good book,, Jasper Fforde

Je veux le lire

Life is so Good, George Dawson, RIchard Glaubman

Citation

- Chacun est digne d'un parapluie.
- Vous définissez d'un coup le minimum des droits humains.


Dostoievski

Qu'est-ce-donc?

De qui parle-t-on

  • Raton
  • Des livres et délices
  • J'aime lire et encore plein d'autres choses, et surtout j'ai envie de partager ce plaisir de la lecture avec d'autres biblivores, bibliphages et bibliphiles en tout genre...
Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 22:32

 

Ce billet, je vous préviens, sera très long.

 

J’ai donc eu la fantaisie de relire La Reine des Damnés. En faisant la grimace sur le style que je qualifierai de mauvais, mais sans pouvoir dénier la force de la narration d’Anne Rice et la richesse de son imagination.

 

Après cela, j’ai continué dans ma lancée, en entammant Le Lien Maléfique. Pouah ! mais que n’avais je fais là ! D’abord j’ai été bien prise par la lecture, sans forcément comprendre au début où cela me mènerait, mais j’y suis allée avec entrain. Le bouquin est assez touffu et le style est cette fois sans défaut (encore que j’ai cru en y réfléchissant à posteriori déceler un problème de cohérence mais j’ai oublié lequel). Comme cela m’arrive souvent avec certains ouvrages particulièrement prenant et épais, j’ai d’abord lu avec une certaine avidité, puis arrivée à la moitié du bouquin, j’ai commencée à être tellement prise par le récit que j’ai cherché à accélerer la cadence de lecture, avec hargne et acharnement sans plus prendre de répit, afin … afin de finir le bouquin. C’est mon rythme de lecture que je crois avoir déjà évoqué ici.

 

Bref, le pire dans cette intrigue, c’est sa construction. Tout d’abord l’histoire se met en place. On reconnaît certains leitmotiv des romans d’Anne Rice bien que je ne connaisse que la Saga des Vampires à la base. Leitmotiv qui sont : le paranormal (évidemment me direz-vous), la Nouvelle Orléans, les mutliples détails sensuels et l’ambivalance sexuelle de ses personnages. Mais ici, tout est poussé à l’excès, excès humains et non plus justifiables par une nature vampirique qu’auraient acquises ses personnages. Le Lien maléfique parle de sorcières mais va au delà de tout cela. Je n’essaierai même pas de résumé l’expérience que ce livre a été pour moi. Une expérience traumatisante cela va de soi, car qui aime se sentir inférieur, ne serait ce que face à un vulgaire objet de papier et d’encre, acheté d’occasion qui plus est ? Ce livre m’a mise au pied du mur : je raillais l’écriture d’Anne Rice en inadéquation avec son imagination. Je sais aujourd’hui qu’elle est (ou fut) un auteur de bestsellers au USA, et je sais que c’est avec raison. Dan Brown à coté c’est du pipi pour chat ! et même moins que ça, du pipi de mouches à pipi de chat !

 

Alors voilà que j’arrive au moment fatidique où je sens les dernières pages défiler sous mes doigts agiles et mon regard plus vigilant que jamais. Mais j’ai du mal à croire au dénouement que l’auteur propose. Jusqu’au bout je crois que... Mais non. Ce n’est qu’en me heurtant au point final que je comprends. Je reviens au tout début du livre, avant même les premières lignes du récit. Je regarde la bibliographie. Voilà. Je me suis faite complètement roulée, comme une bleue. C’est une série ! Il y a une suite ! Et moi qui voulait en finir! C’est tout simplement intolérable. Ca fait quelques semaines que je vis dans ce livre et me laisser sur cette faim, c’est tout simplement indigne de la part d’un auteur.

 

Je me suis toujours méfiée des Américains et je sais maintenant que j’avais raison. Fichtre me dis-je alors, pourquoi ne pas retourner à la librairie pour acheter la suite ? d’ailleurs je prendrai l’ouvrage n°2 et le n°3 comme ça je me prémunirai d’une nouvelle crise de manque. Me revoilou chez Gibert. Je cherche le rayonnage. Mais il n’y a bien que des exemplaires multi-feuilletés de la Reine des Damnés. J’interroge la vendeuse.

 

Je vous fais grâce de mes pérégrinations depuis une semaine pour ne vous communiquer que les détails croustillants : le livre est épuisé, c’est à dire qu’il n’est plus publié. Seule option, le trouver d’occas. Je parcours les Gibert de Saint Michel, jeudi puis Vendredi, mais seuls le tome 1 et le 3 sont dispos, de même que sur le site de la FNAC. Et puis j’ai l’illumination. J’ai la chance de pouvoir lire en anglais, et après avoir compris l’histoire en français dans le premier tome, rien de plus simple que de poursuivre la lecture en anglais non ? Je monte les 4 étages du Gibert en face de Cluny, et là, miracle. Les cieux s’ouvrent devant moi. Le rayonnage est plein de romans d’Anne Rice. Je recherche le tome 2 ‘l’heure des sorcières ». Je n’ose y croire tant c’est beau : The Witching Hour me cligne de l’œil sur la haute étagère ! Du coup, je prends le tome 3, Tatlos, et je garde l’exemplaire en français du Voleur de Corps (suite de la Reine des Damnés). Jubilant, je paie. Je sors, essayant de cacher ma joie délirante sous mon masque de parisienne. N’y tenant plus j’ouvre l’ouvrage sur le quai du RER. Mais le destin se joue de moi. Vraiment vous n’y croirez-pas : le livre que j’ai pris est le tome 1.

 

Oui, je sais.

Mais qui a eu l’idée d’appeler le tome 2 de l’édition française avec le nom du tome 1 ? ? ? HEIN FRANCHEMENT ? ? ? Si je tiens ce filou, cet escroc d’éditeur, et cette patate de traducteur mais alors je leur fais leur fête. Le pire c’est que j’étais tellement désespérée que j’étais à deux doigts de le lire en anglais, bien que je vinsse de finir l’histoire deux jours plus tôt en français. Le gars de Gibert (je les ai appelés et j’ai fait les trois librairies de Saint Michel, en ignorant toutefois la boutique « sciences » et la boutique « scolaire » quand même), le gars de Gibert donc, m’a dit qu’il l’avait assez régulièrement, à raison de 1 à 2 fois par mois, dans ses rayonnages. Mais je NE peux PAS attendre !

Du coup je me console avec le Voleur de Corps, bien que je fusse un peu fachée avec Lestat le Vampire. Et je profite ma foi, je le trouve très bien ce livre, si bien que je l’aurai fini avant la fin de la semaine. Alors je vais peut etre devoir acheter ma saga de sorcière tome 2 sur Amazon à 0,01 centime…

 

Quelle ironie du sort ! j’avais été captivée il y a 10 ans par les romans des vampires, mais j’avais 14 ans alors et je n’y connaissai rien à ce genre de littérature ! Mais aujourd’hui je n’ai aucune excuse à être prise au piège ! Croyez moi, c’est pire que Harry Potter et pourtant j’étais à fond sur Harry Potter, c’est pire que tout ce que j’ai connu avant. . .

 

Ma seule consolation ce sont les commentaires de lecteurs que je glane au hasard de mes recherches internet. Pris par l’histoire tout comme moi. Maintenant faites votre choix, si vous décidez de lire cette saga, achetez d’abord les trois tomes, c’est mon conseil. Mais peut-être resterez vous insensibles aux questions sous jacentes que pose Anne Rice, sur la nature humaine, sur la possible existence d'un destin et d'une ineluctabilité de la voie qui serait tracé pour nous par d'autres.

Par Raton - Publié dans : Divertissant
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Lundi 21 juin 2010 1 21 /06 /Juin /2010 22:26

Je reprends un peu le fil depuis mon dernier billet.

 

Il y a eu Cadavres Exquis, de Pénélope Bagieu. Ne lui ai je pas déjà consacré un petit billet dans cette toile ? Si je ne l’ai point fait c’est par manque de temps plus que par méchanceté car j’adore son univers (pour paraphraser les chroniqueurs professionnels et leur vocabulaire moult fois usité). Donc j’ai acheté Cadavres Exquis, mon livre neuf du moment, et j’ai adoré cette BD. J’ai préféré le début et la fin au milieu, mais enfin, ça se lit bien, les dessins sont toujours aussi sympas et le point de vue ma foi très réaliste : malgré l’apparente différence qu’il y a entre l’(anti-)héroïne du début et moi, je me suis toute à fait reconnue, et en voyant l’image ci-dessous vous comprendrez pourquoi.

 

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Il y a eu aussi, et je vous en parlais déjà la fois précédente, Marek Halter. J’ai re-découvert ou plutôt découvert l’homme au-delà de l’auteur. Un homme, un cri n’est pas une biographie. C’est un recueil des multiples articles dont l’auteur a jalonné sa vie comme autant de cris, cris qui raisonnent encore aujourd’hui des années après, dans un silence plus assourdissant que jamais.

 

Beaucoup de répétitions dans ces échos de cris, enchâssés dans des explications contextuelles qui en rajoutent encore parfois dans la redondance. Mais bien que ces répétitions m’aient un peu fatiguées, après l’engouement du début de ma lecture, je reste abasourdie par la vie de cet homme, toujours debout, qui peut être a cessé d’appeler à la paix, à l’humanité à tort et à cri, mais qui est un exemple rare, vivant, que l’on voudrait éternel, de ce qu’une époque appelait les intellectuels. Une race dont cet homme est pour moi le seul specimen vivant et digne d’intérêt.

 

Vibrant de l’émotion provoqué par ma lecture, j’ai croisé une affiche dans la grouille du métro. « Marek Halter à la FNAC St Lazare le 31 mai à 18H » Dans ma hâte, j’ai d’ailleurs confondu les dates et me suis pointé une semaine trop tôt, essoufflée, dans la petite salle de la FNAC. Cela m’aura au moins permis de reconnaître le terrain. La semaine suivante j’ai vu M. Halter. Ou plutôt j’ai tenté de l’apercevoir car je suis arrivée en retard et il était caché par les volumineuses coiffures de son public malheureusement féminin et du 3° âge. En lui tendant un peu penaude mon exemplaire (acheté chez Gibert) d’Un homme un Cri pour la dédicace, je n’ai pu que m’excuser de n’avoir pas eu le temps d’acheter son nouveau livre.

 

Je dois mentionner ici que je suis une spécialiste de rencontres ratées de ce genre je pense. L’écrivain comme l’homme ont un pouvoir trop fort pour moi et mes paroles me semblent vaines, surtout quand la file des fans s’allonge derrière moi. Comment dire « merci » et comment dire « votre vie est fascinante » et « d’où vous est venue cette force et cette espérance ? ». Pour une personne comme moi être devant un homme qui a connu le ghetto de Varsovie, a fui en Ukraine, a serré la main de Staline, a conversé avec Jean-Paul 2 et De Gaulle, a connu et agi dans tout ce qui a fait le monde actif, créatif, plein de luttes et de combats, ce monde qui a échoué depuis pour ma génération, et bien c’est comme être en face d’une aberration admirable, d’un dinosaure, un pan de l’histoire. C’est peut être inconcevable tout simplement. Mais j’adore avoir eu cette possibilité de rencontrer l’homme, en chair et en os. Me reste de ce moment de curiosité une dédicace sur la page de titre, et puis bien sûr j’ai acheté son nouveau roman, le Kabbaliste de Prague. Qui je pense ne va pas me décevoir.

 

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Par Raton - Publié dans : Incroyable talent :)
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 22:50

Qu'est ce qui fait mon bonheur? A vrai dire j'ai compris comment faire soudre ma joie lorsque je me suis rendue il y a quinze jours et pour la première fois à la Librairie Gibert Joseph de Saint Michel à Paris. Et oui, mon niveau de vie actuel étant ce qu'il est, je dois restreindre mon budget et donc, si je veux pouvoir lire, il est temps que je songe aux livres de seconde main!

 

Me voici dans ce temple dont je perce vite les secrets: les livres d'occasion sont ceux signalés par une étiquette jaune sur la tranche. Première déception: au rayon BD, les prix restent élevés. Trop pour moi, d'autant que je ne me souviens jamais quelles sont celles que j'ai déjà achetées, notamment pour Sillage, dont j'ai lu la quasi intégralité au fur et à mesure de mes passages au Virgin de l'aéroport d'Orly en attendant un Paris Marseille. Cela ne m'a pas empêchée de craquer pour la R.A.B Tome 1, bien que j'en connaisse chaque vignette par coeur. La bible de l'humour de Gotlieb, un vrai régal que je déguste depuis soir par soir, page après page, un grand soleil éteincellant en moi face à ce déferlement d'humour raffiné. Mais passons. Désillusion également au niveau des ouvrages d'arts. Bien plus chers encore que les BD (évidemment), les seuls prix et bouquins intéressants sont les livres Taschen à prix spécial 9,99€. Neufs. Et lourds. Après avoir multiplié mon temps de trajet par sa pénibilité (somme de marche à pied + escalators + rer + bus + marche à pied) au résultat duquel j'ai ajouté le coefficient multiplicateur de (Racine carrée de la hauteur de mes talons / nombre de pieds), j'ai considéré qu'il était mal venu de s'encombrer d'une livre de Dali. Notons en marge que ce calcul, s'il montre que l'on peut à la fois maîtriser l'écriture et les mathématiques, ce calcul donc est hautement subjectif comme le montrera la suite de ce récit.

 

En effet, comme toute quête, la quête de mon bonheur littéraire était semée d'embûches à dépasser. Au fur et à mesure que j'explorai les quatre étages de ce palais, en me demandant si je ne devrai pas céder à ma passion des bouquins et ouvrir une librairie, le bonheur se rapprochait. Après m'être emparée de la Rubrique à Brac au rayon BD, j'ai grimpé d'un niveau. Grimpé au sens métaphorique puisque j'ai utilisé l'escalator de service. Là, j'ai été tout de suite ébouie par un exemplaire de "Le pays du Dauphin Vert" dont la couverture de livre neuf tentait de me charmer. Mais je ne suis pas naïve, fi de tout cela, je suis venue chercher des occasions, pas des livres neufs que je connais par coeur, malgré tout le bonheur que je sais pouvoir tirer de leur lecture (encore un calcul hautement subjectif qui sera démonté par la suite).

 

Je grimpe finalement au quatrième et dernier étage. Pas d'escalator ici. Il faut le mériter. C'est le rayon poche. Les choses sérieuses, enfin. La tête me tourne, mon esprit s'embrouille, il me faut quelques un de ces livres, oui mais lesquels?. Et pas à tout prix bien sûr, pour reprendre le slogan "radin malin"!. Je me concentre sur les étiquettes jaunes. Et comme à mon habitude, sur les auteurs que je connais. Tiens, il y a plein d'Anna Gavalda, sont-ce des neufs ou des occasions en surnombre ? Je ne perds pas mon temps à m'interroger sur cette littérature de bas niveau et me précipite dans un éclair de lucidité soudain, vers la Grande Littérature. Anne Rice bien sûr ! Oui je sais, c'est peut être du même niveau littéraire qu'Anna Gavalda. Mais en terme d'intrigue, pardon, mais c'est du haut niveau ! Bref, la Reine des Damnés est disponible en occasion, ça tombe bien, c'est justement celui que je voulais relire! Le lien maléfique, quézaco? 4€, je prends!

Pour rehausser le niveau intellectuel, je cède à la curiosité de la découverte et choisi un recueil de Lovecraft, dont je connais la notoriété mais pas le travail.
Bien sûr Marek Halter jette dans mon panier Le Messie, et Un Homme, Un Cri, deux livres que je ne crois pas avoir lu mais qui, fidèles aux trames propres à Marek Halter, sauront me plaire et me surprendre sans nouveauté.

Je décide d'acheter mes premiers Boris Vian à moi, malheureusement, l'Automne à Pékin n'est pas proposé. Je prends Elles se rendent pas compte et J'irai cracher sur vos tombes, deux Vernon Sullivan qui m'avaient profondément marqués. Je reste d'ailleurs choquée quand j'imagine Boris Vian écrire ces choses. C'est comme d'imaginer un homme policé d'apparence comme Magritte faire preuve d'autant de fantaisie dans ses tableaux. Cette génération restera toujours un mystère pour moi. Pas besoin de porter un TShirt à fleur pour être révolutionnaire! Mais passons.

Je me love voluptueusement dans l'impression que toute la littérature du monde et à portée de ma main. Enfin peut-être pas jusque là. Je prends un Kundera, l'Ignorance. Malheureusement les titres de Kundera se ressemblent souvent ce qui rend le choix difficile, mais je crois bien que c'est le plus emblématique. J'en avais lu un, était-ce celui là? Et j'en avais retiré quelques phrases marquantes. Nous verrons si la magie opère toujours!

Et puis, toujours dans un soucis d'allier déjà-lus et découvertes, je prends Un autre monde de Joseph Stiglitz, dont le nom me parle, non en tant qu'écrivain, mais en tant que vague économiste égonomiste.

 

Chargée de ces ouvrages et sentant leur poids réconfortant dans mes bras, je suis redescendue sur terre (4 étages d'escaliers cette fois, le piège à fonctionné, plus besoin de la séduction des escalators), je passe à la caisse, oups, je prends le RER, vérifiant du même coup la justesse de mes calculs d'estimation précités.

 

Ma première victime: La Reine des Damnés. Je viens de le terminer. C'est fou comme on peut oublier un livre. Il faut dire que je l'ai lu il y a douze ans maintenant. Je m'en souvenai pas trop mal au début, mais j'en avais à ce point oublié la fin que je me suis demandée si je l'avais lu jusqu'au bout. Quand je vois un tel scénario, une telle imagination passionnée, je me dis que si cette femme avait sorti son livre avec les méthodes d'écriture américaine 20 ans plus tard, à l'époque des Harry Potter, Da Vinci Code et autre ouvrages du même genre littérature massive qui s'avale en un clignement de paupières, si elle était tombée aujourd'hui donc, elle aurait pu faire un carton. Mais le style (ou la traduction de l'époque), est définitivement mauvais au point d'en être dérangeant. Heureusement l'histoire me plaisait et j'avais un a priori positif dès le départ. Mais j'ai froncé des sourcils sous l'effort de lecture du début à la fin !

 

Finalement, avec le recul, je sais que le fait pour moi d'ouvrir une librairie serait comme pour un alcolique d'ouvrir son bar: comme l'alcolique boirait son commerce, je lirai ma boutique  !

 

 

 

 

Par Raton
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Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 22:47

 

 Vous connaissez peut-être  le film de 1991 qui réunit Jessica Tandy , Mary Stuart Masterson, Kathy Bates et Mary-Louise Parker (que vous ne connaissez sans doute pas par contre !). Je ne connaissais le film que de nom pourtant je n’ai pas hésité lorsque mon regard a croisé le livre du même nom. J'ai eu raison. Je suis tombée sous le charme.

 

Quel plaisir. Quelle communion ! Sans avoir vu le film, je SAIS que le livre est mille fois mieux ! Mais je suis consciente que je dois modérer mon enthousiasme.

 

De quoi parle t on ici ?

 

Il s’agit d’une double histoire. Celle d’Evelyn, au présent, et celle de Ninny, au passé. Evelyn Couch est une femme américaine dans toute sa splendeur moderne : proche de la cinquantaine, grosse et grasse, éternelle grignoteuse de cochonneries sucrées, chocolatées et enrobées de beurre de cacahuète si possible. Molle, flasque, de corps et d’esprit. Rancie par sa vie vide de sens, par ce monde qu’elle ne comprend pas, elle qui a toujours voulu faire comme on lui disait sans jamais élever le ton. Si j’osais, je la traiterai de « couch potatoe ». Mais je n’oserai pas ce vain jeu de mot, promis.

 

A son corps défendant, Evelyn se retrouve régulièrement dans la salle commune de la maison de retraite où elle se rend avec son mari visiter sa belle-mère. Et dans cette salle commune elle rencontre, sans grand entrain, Ninny, une veille femme pleine de vitalité, d’esprit et de joie de vivre. Son contraire. La vielle femme a simplement besoin d’une oreille, et au fil des visites, Evelyn va découvrir son histoire, l’histoire du café de Whistle Stop et de la famille Threadgoode. Elle va se mettre à les aimer, et par là même, elle va redécouvrir sa vie, dépasser ses échecs et ses déceptions, laisser de côté sa colère et se retrouver.

 

Dans les années 30, la famille Threadgoode est une famille nombreuse mais son élément central est Idgie, le garçon manqué, la belle sœur de Ninny. Ce qui m’a le plus frappé dans l’histoire d’Idgie, c’est la façon dont est abordé son caractère. Lorsqu’on la voit tomber amoureuse de Ruth, une douce jeune fille ravissante, cela semble naturel à tout le monde. Et le récit présente cet amour si simple, si tendre et en même temps si inconventionnel d’une façon parfaitement inattendue et en même temps tout à fait normale. Idgie et Ruth vont créer le Wistle Stop Café, qui sera un lieu central de ce petit village durant plusieurs années. Le Whistle Stop Café est réputé pour les délicieux beignets de tomates vertes confectionnés par la cuisinière de couleur. Voici donc le pourquoi du comment. La chronique de ces années heureuses est jalonnée de moments simples, de bonheurs, de malheurs, bref, c’est une vie ordinaire, marquée d’événements forts, et d’une grande solidarité.

 

Deux époques se croisent, celle des années 80, l’époque de la narration, et celle des années 30, l’époque du récit de Ninny. Malgré la crise, la famine post-1929, le racisme ambiant, les conventions sociales, c’est un portrait plein de gaité, de solidarité, d’amour, que dresse la vieille femme. Malgré le confort moderne et la liberté des valeurs actuelles, le désarroi et la colère hantent Evelyn. On se prend à penser que les valeurs de cette époque étaient peut-être meilleures que celles d’aujourd’hui. Fannie Flagg, l’auteur, jongle sans effort avec ces deux époques, ces deux impressions, la tendresse nostalgique qui teinte le récit de Ninny, la violence individualiste qui agresse Evelyn au quotidien.

 

La violence a sa place dans ce récit nostalgique comme dans la vie, mais la place qui lui est accordé est loin de la description complaisante que l’on trouve à l’heure actuelle, il s’agit seulement d’évènements. Et on les vit comme tels, on les accepte ou l’on se révolte contre eux.

 

Une bien belle histoire donc, qui donne le sourire et l’envie de vivre pleinement dans la joie, la bonne humeur, et la cuisine simple mais goûteuse du sud des Etats Unis !

 



Petite anecdote pour finir ce billet : la lecture du livre a coïncidé avec la découverte de mon allergie à … La tomate ! Fascinant non ?

 

 

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Par Raton
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Dimanche 2 mai 2010 7 02 /05 /Mai /2010 19:11

Une fois n'est pas coutume, un livre se retrouve adapté au ciné.
Mais cette fois, si je prends le temps d'en parler, et ce avant même d'avoir lu le film .. euh, pardon, vu le film, c'est que je n'en ai absolument pas entendu parler avant de voir l'affiche dans ce petit cinéma de banlieue où je me rends parfois, alléchée par la perspective de salles vides et de tarifs normaux (5€ en bénéficiant du tarif préférentiel local).

Il s'agit du film "La tête en friche". SI ce nom vous dit quelque chose, alors vous avez peut être lu mon commentaire enthousiaste dans un précédent billet.

 

Ainsi donc ce petit bijou qui m’avait tant plu est adapté au cinéma. Preuve que je ne suis pas la seule à l’avoir aimé. Ca ne doit pas être facile à adapter : comment faire passer la découverte de la littérature, l’apprentissage de la réflexion chez un homme, en images ? Second effet kiss cool, le rôle phare du quarantenaire « en friche » est incarné par Gérard Depardieu en personne (qui a un peu plus de 45 ans le coquet).

 

Je n’ai pas vu le film, et il est peu probable que je le vois car je n’aime pas aller au ciné seule (trop mal fréquenté dans ces régions) et que j’aurai du mal à convaincre quelqu’un de m’y accompagner. Alors si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à laisser vos commentaires !

 

 

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Parmi les films adaptés de romans, je reviendrai rapidement sur les suivants:

 

Harry Potter: l'adaptation au cinéma est selon moi relativement décevante, malgré les effets qui auraint pu être faits: trop de réductions (il faut dire que les livres sont très touffus), voire de suppression de passages entiers, des libertés inutiles (les enfants sont habillés en jeans et basket, vraiment dommage). Bref, je préfère de loin les bouquins!

 

Le seigneur des anneaux: alors là je dis oui, 100% oui. même si comme pour Harry et comme pour la plupart des adaptations, des passages ont été supprimés; l'esprit n'est pas perdu, et surtout, les longues et indigestes descriptions de paysages de JRR Tolkien sont magnifiquement rendues, et les scènes de batailles sont bien plus prenantes.

Mathilda: peu de gens connaissent le livre, dommage, peu de gens connaissent le film, normal c'est nul. Je ne dirai qu'une chose: dans le livre, le père est maigre et la mère est grosse. Dans le film c'est l'inverse. (ou le contraire). Alors bon, on comprend que le reste du livre n'a été que très librement adapté. Je recommande néanmoins la lecture du livre, même si c'est un livre pour enfant!

 

Par Raton - Publié dans : En marge
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